Le secteur de l'environnement recrute. Pas par effet de mode, mais parce que la réglementation s'accélère : CSRD, loi AGEC, taxonomie européenne, PPE 3. Chaque nouvelle obligation crée des postes. Les entreprises, les collectivités et les bureaux d'études cherchent des profils capables de traduire ces textes en actions concrètes. Voici les 15 métiers qui embauchent en 2026, avec les missions, les salaires et les formations pour y accéder.
Qualité, sécurité, environnement (QSE/HSE)
Les métiers QSE et HSE restent les plus gros recruteurs du secteur environnemental. La montée en puissance des normes ISO 14001, de la CSRD et des obligations ICPE poussent les entreprises à structurer — ou renforcer — leurs équipes.
1. Responsable QSE
Missions : piloter le système de management intégré (qualité, sécurité, environnement), conduire les audits internes, assurer la conformité réglementaire, former les équipes et animer l'amélioration continue.
Salaire : entre 35 000 et 55 000 euros bruts par an en début de carrière, jusqu'à 65 000 euros pour un profil confirmé en industrie. Les secteurs pharmaceutique, agroalimentaire et énergie offrent les rémunérations les plus élevées (Hellowork, 2025).
Formation : Master QSE, diplôme d'ingénieur avec spécialisation HSE, ou licence pro complétée par une expérience terrain.
2. Ingénieur HSE
Missions : évaluer les risques professionnels et environnementaux, rédiger les plans de prévention, gérer les études de danger (ICPE), piloter les certifications ISO 14001 et 45001.
Salaire : de 38 000 à 50 000 euros bruts annuels pour un junior, entre 50 000 et 70 000 euros pour un senior dans l'industrie lourde ou la chimie.
Formation : école d'ingénieur généraliste ou spécialisée (INSA, ENSIACET, IMT) avec option HSE, ou Master prévention des risques.
3. Auditeur environnement
Missions : conduire des audits de conformité réglementaire et de système de management environnemental, identifier les écarts, rédiger les rapports et suivre les plans d'action correctifs.
Salaire : entre 36 000 et 48 000 euros bruts annuels. Les auditeurs certifiés IRCA ou ICA bénéficient d'une prime au marché.
Formation : Bac+5 en environnement ou QSE, complété par une certification d'auditeur (IRCA, AFNOR).
Énergies renouvelables (ENR)
La PPE 3, publiée en février 2026, fixe des objectifs ambitieux : 48 GW de solaire et 3,6 GW d'éolien en mer d'ici 2030. Chaque gigawatt installé crée des centaines de postes, du développement à la maintenance.
4. Chef de projet ENR
Missions : piloter le développement de centrales solaires ou éoliennes, de la prospection foncière au raccordement, en passant par les études d'impact, les autorisations administratives et le suivi de construction.
Salaire : entre 35 000 et 42 000 euros pour un profil junior, de 45 000 à 55 000 euros pour un confirmé gérant un portefeuille multi-sites (baromètre Good Energy, 2025).
Formation : diplôme d'ingénieur ou Master en énergies renouvelables, environnement ou aménagement du territoire.
5. Technicien de maintenance éolienne
Missions : assurer la maintenance préventive et corrective des éoliennes (nacelle, rotor, système électrique), diagnostiquer les pannes, intervenir en hauteur (80 à 150 mètres), gérer les pièces de rechange.
Salaire : de 28 000 à 35 000 euros pour un débutant, entre 38 000 et 45 000 euros avec expérience. Les primes d'astreinte et de hauteur complètent la rémunération.
Formation : BTS maintenance des systèmes ou électrotechnique, complété par une habilitation travail en hauteur et une formation spécifique constructeur (Vestas, Siemens Gamesa, Enercon).
6. Ingénieur raccordement réseau
Missions : concevoir les schémas de raccordement des installations ENR au réseau électrique, coordonner les études avec Enedis ou RTE, assurer la conformité technique et le suivi des travaux.
Salaire : entre 38 000 et 52 000 euros bruts annuels.
Formation : diplôme d'ingénieur en génie électrique ou Master en systèmes énergétiques.
Biodiversité et milieux naturels
La stratégie nationale biodiversité 2030, la séquence ERC (éviter, réduire, compenser) et les obligations d'études d'impact rendent ces profils indispensables pour tout projet d'aménagement ou d'infrastructure.
7. Ingénieur écologue
Missions : réaliser des inventaires faune-flore, conduire des études d'impact environnemental, concevoir des mesures compensatoires, suivre les indicateurs de biodiversité sur le terrain et en bureau d'études.
Salaire : entre 30 000 et 36 000 euros pour un débutant, de 36 000 à 47 500 euros avec expérience (CIDJ, Talent.com, 2025).
Formation : Master en écologie, biologie de la conservation ou sciences de l'environnement (Bac+5). Les compétences SIG (systèmes d'information géographique) sont un plus recherché.
8. Chargé de mission biodiversité
Missions : animer les politiques de biodiversité sur un territoire (parc naturel, collectivité, entreprise), coordonner les acteurs locaux, suivre les programmes de restauration écologique, sensibiliser le public.
Salaire : entre 28 000 et 38 000 euros bruts annuels.
Formation : Master en gestion de la biodiversité, écologie ou aménagement du territoire.
Économie circulaire et gestion des déchets
La loi AGEC (anti-gaspillage pour une économie circulaire) a créé de nouvelles filières REP (responsabilité élargie du producteur), dopant la demande en experts capables de repenser les flux de matières.
9. Chef de projet économie circulaire
Missions : diagnostiquer les flux de matières et de déchets, concevoir des stratégies de réemploi et de valorisation, piloter des projets d'écologie industrielle territoriale, accompagner les entreprises dans leur conformité AGEC.
Salaire : entre 30 000 et 40 000 euros en début de parcours, de 40 000 à 55 000 euros avec expérience (Institut Supérieur de l'Environnement).
Formation : Master en économie circulaire, écoconception, gestion des déchets ou développement durable.
10. Rudologue
Missions : analyser la composition, les flux et les traitements des déchets, optimiser les filières de collecte et de valorisation, conseiller les collectivités et les industriels sur la gestion de leurs déchets.
Salaire : entre 32 000 et 45 000 euros bruts annuels.
Formation : diplôme d'ingénieur en environnement ou Master spécialisé en gestion des déchets.
RSE et reporting durabilité
La directive CSRD impose à des milliers d'entreprises européennes un reporting de durabilité structuré. Ce tsunami réglementaire crée une demande massive en profils capables de collecter, analyser et auditer les données ESG.
11. Responsable RSE
Missions : définir la stratégie RSE de l'entreprise, piloter la matrice de double matérialité (CSRD), coordonner la collecte des indicateurs ESG, produire le rapport de durabilité, animer la démarche auprès des parties prenantes.
Salaire : environ 45 000 à 55 000 euros pour un junior, jusqu'à 61 000 euros en moyenne pour un profil confirmé (Ecopia, 2025). Les grandes entreprises cotées offrent les packages les plus attractifs.
Formation : Master RSE/développement durable, école de commerce avec spécialisation RSE, ou parcours juridique/environnemental complété par une certification (GRI, ESRS).
12. Consultant ESG/durabilité
Missions : accompagner les entreprises dans leur mise en conformité CSRD, réaliser des analyses de double matérialité, auditer les données ESG, former les équipes internes.
Salaire : de 35 000 à 40 000 euros pour un consultant junior, entre 45 000 et 55 000 euros pour un senior. Les managers de cabinet visent 70 000 euros et plus.
Formation : Master en finance durable, RSE, ou école de commerce/ingénieur avec double compétence finance-environnement.
Eau, air, sols
Les métiers liés à la qualité des milieux restent porteurs, portés par les normes sur les rejets industriels, la directive-cadre sur l'eau et les plans de gestion des sites pollués.
13. Hydrogéologue
Missions : caractériser les nappes phréatiques, modéliser les écoulements souterrains, évaluer les risques de contamination, concevoir des solutions de dépollution et piloter les suivis piézométriques.
Salaire : entre 35 000 et 50 000 euros bruts annuels, avec des primes terrain fréquentes en bureau d'études.
Formation : Master en hydrogéologie, sciences de la Terre ou génie de l'eau.
14. Chargé d'études air et climat
Missions : réaliser des inventaires d'émissions de gaz à effet de serre, modéliser la qualité de l'air, accompagner les collectivités dans l'élaboration de leurs plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET), suivre les indicateurs réglementaires.
Salaire : entre 30 000 et 42 000 euros bruts annuels.
Formation : Master en sciences de l'atmosphère, génie de l'environnement ou ingénierie climatique.
15. Ingénieur sites et sols pollués
Missions : diagnostiquer la contamination des sols (études historiques, prélèvements, analyses), évaluer les risques sanitaires, concevoir les plans de dépollution et superviser les travaux de réhabilitation.
Salaire : entre 35 000 et 48 000 euros pour un junior, de 48 000 à 62 000 euros pour un profil senior, particulièrement en Île-de-France où la demande est forte.
Formation : diplôme d'ingénieur en génie de l'environnement, géotechnique ou chimie de l'environnement.
Les secteurs qui tirent le marché
Trois dynamiques structurelles portent le recrutement en 2026 :
La réglementation européenne : CSRD, taxonomie verte, directive CS3D (devoir de vigilance), révision de la directive sur les émissions industrielles. Chaque texte génère des besoins en conformité, reporting et audit.
La transition énergétique : la PPE 3 et les appels d'offres CRE (Commission de régulation de l'énergie) pour le solaire et l'éolien en mer alimentent les recrutements dans toute la chaîne de valeur, du développement à l'exploitation.
La loi AGEC et les filières REP : les nouvelles filières (textiles, jouets, bricolage, articles de sport) créent des postes en écoconception, logistique inverse et gestion des flux de déchets.
Comment s'orienter ou se reconvertir
Pour les profils en reconversion, plusieurs voies d'accès existent :
- Les Masters spécialisés (12 à 24 mois) : la formation la plus complète, avec des programmes dédiés en QSE, RSE, ENR ou biodiversité dans la plupart des universités et écoles d'ingénieurs françaises
- Les certifications professionnelles : ISO 14001 Lead Auditor, Bilan Carbone, GRI, ESRS — des formations courtes (cinq à dix jours) qui valorisent un CV rapidement
- L'alternance : les contrats d'apprentissage en entreprise restent la voie la plus efficace pour entrer dans le secteur, avec un taux d'insertion de plus de 80 % dans les métiers QSE et ENR
- Le CPF et les OPCO : de nombreuses formations en économie circulaire, diagnostic environnemental et management HSE sont éligibles au financement via le compte personnel de formation
Le point commun de ces 15 métiers : ils ne sont pas menacés par l'automatisation. Auditer un site, négocier avec un élu local, inventorier une zone humide ou piloter la conformité CSRD d'un groupe industriel demande du jugement, du terrain et de l'expertise réglementaire. Des compétences que les algorithmes ne remplaceront pas de sitôt.
Pour comprendre les textes réglementaires qui structurent ces métiers, consultez notre guide ICPE et notre décryptage de la CSRD. Découvrez aussi les formations pour débuter en environnement.
Sources
- Choisir le service public - Emplois liés au domaine de l'environnement — Présentation des métiers environnementaux dans la fonction publique
- Orientation Environnement - Recrutements en environnement — Plateforme de référence pour les offres d'emploi et stages dans l'environnement
- Hellowork - Salaire Responsable QSE — Statistiques salariales pour les métiers QSE/HSE en France
- Ecopia School - Salaires métiers RSE/QHSE — Baromètre des rémunérations dans la RSE et le QHSE
- France Renouvelables - L'économie et les emplois — Données sur l'emploi dans le secteur des énergies renouvelables
- Portail RSE - Rapport de durabilité CSRD — Guide officiel sur la directive CSRD et ses implications



