Fiche métier : chargé de mission biodiversité en 2026

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En février 2026, l'Office français de la biodiversité (OFB) affichait plus de 90 offres d'emploi actives. La Fédération des Parcs naturels régionaux recrutait un chargé de mission « Collectivités et Biodiversité » dans le cadre du programme LIFE Biodiv'France. Et sur Indeed, le mot-clé « chargé de mission biodiversité » renvoyait plus de 700 résultats. Le métier n'a jamais été aussi demandé — et aussi stratégique.

Le chargé de mission biodiversité conçoit, pilote et évalue les politiques de préservation du vivant à l'échelle d'un territoire, d'un établissement public ou d'un bureau d'études. C'est un poste de terrain et de bureau, qui exige à la fois une solide culture scientifique et une capacité à mobiliser des acteurs très différents : élus, agriculteurs, industriels, associations, chercheurs.

Pour un panorama plus large des métiers du secteur, consultez notre guide des 15 métiers de l'environnement qui recrutent en 2026.

Missions principales

Élaboration et pilotage de politiques de biodiversité

Le chargé de mission biodiversité traduit les orientations stratégiques (Stratégie nationale biodiversité 2030, Cadre de Kunming-Montréal, schémas régionaux) en plans d'action opérationnels adaptés à son territoire. Il rédige les cahiers des charges, définit les indicateurs de suivi, pilote le calendrier et rend compte de l'avancement aux financeurs et aux décideurs.

Concrètement, il peut être amené à :

  • Coordonner l'élaboration d'un Atlas de la biodiversité communale (ABC)
  • Piloter un programme de restauration de zones humides ou de corridors écologiques
  • Mettre en œuvre un plan de gestion de site Natura 2000
  • Accompagner une collectivité dans l'intégration de la Trame verte et bleue (TVB) dans son PLU

Animation de réseau et concertation

Une part significative du poste consiste à faire travailler ensemble des acteurs aux intérêts parfois divergents. Le chargé de mission anime des comités de pilotage, organise des ateliers participatifs, assure la médiation entre usagers du territoire (exploitants agricoles, chasseurs, pêcheurs, associations naturalistes, aménageurs) et rédige les comptes rendus de décision.

L'offre d'emploi 2026 de la FPNRF le formule clairement : le poste implique d'« animer le réseau des Parcs sur la thématique biodiversité, notamment dans le cadre du LIFE Biodiv'France porté par l'OFB » (source : Fédération des PNR).

Inventaires et suivis de terrain

Le volet scientifique du poste est central. Le chargé de mission supervise ou réalise lui-même des inventaires faunistiques et floristiques, des protocoles de suivi d'espèces (comptages, piégeage photographique, relevés phytosociologiques) et des cartographies d'habitats. Il utilise des outils SIG (QGIS, ArcGIS) pour spatialiser les données et les intégrer dans les systèmes d'information nationaux (SINP, INPN).

Veille réglementaire et conformité

Le cadre juridique de la biodiversité évolue rapidement : loi de reconquête de la biodiversité (2016), décret relatif à la séquence Éviter-Réduire-Compenser (ERC), réforme des études d'impact, obligations issues de la directive CSRD pour les entreprises. Le chargé de mission assure une veille permanente et traduit ces évolutions en recommandations opérationnelles pour sa structure.

Pour approfondir le volet réglementaire des études d'impact, consultez notre guide sur la procédure d'étude d'impact environnemental.

Rédaction et communication

Rapports d'activité, notes de synthèse pour les élus, articles de vulgarisation, supports pédagogiques pour les scolaires, réponses à des appels à projets : la rédaction occupe une part non négligeable du temps de travail. Le chargé de mission doit savoir adapter son discours à des publics très variés, du chercheur spécialisé à l'élu municipal non initié.

Montage et suivi de projets financés

Les politiques de biodiversité reposent largement sur des financements externes : fonds européens (LIFE, FEDER, FEADER), crédits de l'OFB, agences de l'eau, Régions, DREAL. Le chargé de mission rédige les demandes de subvention, assure le suivi administratif et financier des projets, et produit les bilans intermédiaires et finaux exigés par les financeurs.

Formation et diplômes requis

Le standard : Bac+5 en écologie ou gestion de la biodiversité

La quasi-totalité des offres d'emploi de chargé de mission biodiversité exigent un diplôme de niveau Bac+5 (master ou école d'ingénieurs) en écologie, biologie de la conservation, gestion de la biodiversité ou aménagement du territoire. Selon l'Onisep, les formations les plus prisées sont :

  • Master Biodiversité, Écologie et Évolution (BEE) — proposé par de nombreuses universités (Paris-Saclay, Montpellier, Rennes, Toulouse, Lyon)
  • Master Gestion de l'Environnement — avec spécialisation conservation ou ingénierie écologique
  • Master Aménagement et Urbanisme — parcours environnement et biodiversité
  • Écoles d'ingénieurs : AgroParisTech (spécialisation Gestion des Milieux Naturels), ENGEES, Montpellier SupAgro, ONIRIS

Formations complémentaires valorisées

  • Certificat de capacité pour la capture d'espèces protégées : indispensable pour certains suivis de terrain
  • Permis de conduire B : quasi systématiquement exigé (déplacements terrain fréquents)
  • SIG (QGIS, ArcGIS) : compétence technique attendue dans la majorité des offres
  • Statistiques et biostatistiques (R, Python) : atout pour le traitement de données d'inventaire
  • Botanique de terrain : la détermination floristique reste une compétence rare et recherchée

Accès par l'expérience

Les profils Bac+3 (licence pro en écologie, BTS GPN — Gestion et Protection de la Nature) peuvent accéder au poste après plusieurs années d'expérience en tant que technicien de l'environnement, garde-moniteur ou animateur nature. La VAE (Validation des Acquis de l'Expérience) permet de valoriser ce parcours par un diplôme de niveau master.

Compétences clés

Compétences scientifiques et techniques

  • Écologie générale : fonctionnement des écosystèmes, dynamique des populations, biogéographie, écologie du paysage
  • Taxonomie et détermination : identification des espèces (faune et/ou flore) sur le terrain, utilisation de clés de détermination
  • Protocoles de suivi naturaliste : méthodes standardisées (STOC, STERF, ABC), pose de pièges, relevés phytosociologiques
  • SIG et cartographie : QGIS (standard en milieu professionnel), télédétection, photo-interprétation
  • Réglementation environnementale : Code de l'environnement, espèces protégées, Natura 2000, séquence ERC, conformité environnementale
  • Statistiques : analyses multivariées, modélisation de distribution d'espèces (SDM), logiciel R

Compétences transversales

  • Gestion de projet : pilotage multi-acteurs, planification, reporting, gestion budgétaire
  • Animation et concertation : techniques de facilitation, médiation, prise de parole publique
  • Rédaction : rapports techniques, notes de synthèse, vulgarisation scientifique, réponses à appels à projets
  • Anglais scientifique : lecture de publications, participation à des réseaux internationaux

Qualités personnelles

Le métier exige une combinaison de rigueur scientifique et d'aptitudes relationnelles. Selon Carrières Publiques, les employeurs recherchent des profils capables de :

  • Travailler en autonomie sur le terrain tout en s'intégrant dans une équipe pluridisciplinaire
  • Vulgariser des enjeux scientifiques complexes auprès de publics non spécialistes
  • Gérer des conflits d'usage (agriculteurs vs. protecteurs de la nature, par exemple)
  • Maintenir une veille constante sur l'évolution des connaissances et du cadre réglementaire

Salaire en 2026

La rémunération du chargé de mission biodiversité varie selon le statut (public/privé), l'employeur, l'expérience et la localisation géographique.

Grille salariale par profil

ProfilSalaire annuel brutContexte typique
Débutant (0-2 ans)26 000 – 32 000 €CDD collectivité, PNR, association
Confirmé (3-7 ans)32 000 – 40 000 €CDI établissement public, bureau d'études
Expérimenté (8 ans et plus)38 000 – 48 000 €Chef de service, responsable de pôle, OFB

Sources : Emploi Public, CIDJ, Indeed.

Fonction publique territoriale

Dans la fonction publique territoriale (FPT), le chargé de mission biodiversité relève généralement du cadre d'emplois des ingénieurs territoriaux (catégorie A) ou des techniciens territoriaux (catégorie B). La rémunération est déterminée par la grille indiciaire de référence, à laquelle s'ajoute le régime indemnitaire (RIFSEEP) et les éventuels avantages locaux (NBI, CNAS).

Un ingénieur territorial débutant perçoit un traitement brut indiciaire d'environ 1 900 € mensuels (indice majoré 390), auquel s'ajoute un régime indemnitaire variable selon les collectivités (200 à 600 € mensuels).

Secteur privé (bureaux d'études)

Dans les bureaux d'études en environnement (Biotope, ECO-MED, NCA Environnement, Naturalia), la rémunération tend à être légèrement supérieure à celle du secteur public pour les profils confirmés, avec des salaires de 34 000 à 45 000 € brut annuel. La contrepartie : un rythme de travail souvent plus soutenu et une moindre stabilité de l'emploi (CDD de mission, saisonnalité des chantiers).

Comparaison avec le responsable QSE

À titre de comparaison, un responsable QSE confirmé perçoit en moyenne 42 000 à 54 000 € brut annuel, soit environ 25 % de plus qu'un chargé de mission biodiversité de même expérience. Cet écart reflète la différence de secteur (industrie vs. collectivités/associations) et le poids des certifications ISO dans la valorisation salariale du QSE.

Employeurs et secteurs qui recrutent

Secteur public et parapublic

  • Office français de la biodiversité (OFB) : établissement public sous tutelle du ministère de la Transition écologique, principal employeur du secteur avec plus de 3 000 agents. L'OFB recrute régulièrement des chargés de mission sur des thématiques variées : Natura 2000, espèces exotiques envahissantes, police de l'environnement, programmes LIFE.
  • Parcs naturels régionaux (PNR) : 58 PNR en France métropolitaine et outre-mer, chacun employant plusieurs chargés de mission biodiversité pour la gestion du territoire.
  • Parcs nationaux : 11 parcs nationaux (dont le récent Parc national de forêts), avec des missions centrées sur la conservation et la recherche.
  • Conservatoires d'espaces naturels (CEN) : réseau de 29 conservatoires régionaux, spécialisés dans la gestion foncière et écologique de sites naturels.
  • Collectivités territoriales : Régions (schémas régionaux de cohérence écologique), Départements (Espaces naturels sensibles), intercommunalités (PLUi, TVB).
  • DREAL / OFB inspections : services déconcentrés de l'État assurant la police de l'eau et de la nature.

Secteur privé

  • Bureaux d'études en environnement : Biotope, ECO-MED, NCA Environnement, Naturalia, Écosphère — principaux recruteurs du secteur privé, spécialisés dans les études d'impact, les inventaires et les plans de gestion.
  • Entreprises soumises à la CSRD : avec l'obligation de reporting extra-financier, les grandes entreprises et ETI recrutent des profils biodiversité pour alimenter leurs rapports ESG et piloter les actions de compensation écologique.
  • Aménageurs et promoteurs : la séquence Éviter-Réduire-Compenser (ERC) impose le recours à des spécialistes biodiversité pour les projets d'infrastructure.

Secteur associatif

Les grandes associations naturalistes (LPO, France Nature Environnement, WWF France, Fondation pour la Nature et l'Homme) emploient des chargés de mission sur des programmes de conservation, de plaidoyer et de sensibilisation. Les postes sont souvent en CDD ou en contrat de mission, financés par des subventions publiques ou du mécénat.

Marché de l'emploi en 2026 : tendances structurelles

Des recrutements portés par les politiques publiques

Le programme LIFE Biodiv'France, doté de 52 millions d'euros sur la période 2023-2028, est le plus grand programme européen de conservation de la biodiversité jamais lancé en France. Porté par l'OFB, il finance directement des postes de chargés de mission dans les collectivités, les PNR et les associations partenaires.

À cela s'ajoutent les obligations issues du Green Deal européen : règlement sur la restauration de la nature (adopté en 2024), qui impose aux États membres de restaurer au moins 20 % des terres et des mers européennes d'ici 2030, et 90 % de tous les écosystèmes dégradés d'ici 2050.

La CSRD comme accélérateur dans le privé

La directive CSRD et la taxonomie verte européenne créent une demande nouvelle pour les compétences biodiversité dans le secteur privé. Les normes ESRS (European Sustainability Reporting Standards) incluent un standard dédié à la biodiversité (ESRS E4) qui impose aux entreprises de déclarer leurs impacts, dépendances et risques liés au vivant. Des profils capables de réaliser des « empreintes biodiversité » et de piloter des stratégies de compensation deviennent essentiels.

Tensions de recrutement

Malgré la dynamique, le secteur fait face à des tensions de recrutement structurelles :

  • Salaires publics peu attractifs : l'écart avec le secteur privé et les métiers QSE freine les vocations
  • Précarité des statuts : beaucoup de postes en CDD de mission (12 à 36 mois), financés par des subventions temporaires
  • Compétences rares : la botanique de terrain et la taxonomie des invertébrés sont des spécialités en voie de raréfaction dans les universités
  • Concurrence géographique : les postes sont concentrés dans les zones rurales ou les villes moyennes (sièges de PNR, antennes OFB), ce qui limite le vivier de candidats

Évolution de carrière

Le chargé de mission biodiversité dispose de plusieurs trajectoires d'évolution :

  • Chef de service biodiversité / responsable de pôle : management d'équipe, pilotage stratégique, interface avec les élus
  • Directeur adjoint ou directeur de PNR / CEN : poste de direction générale d'un établissement de gestion d'espaces naturels
  • Expert national / chargé de programme à l'OFB : spécialisation thématique (espèces exotiques envahissantes, Trame verte et bleue, Natura 2000)
  • Consultant en biodiversité : bureau d'études ou indépendant, études d'impact et accompagnement des entreprises (CSRD, ERC)
  • Enseignant-chercheur : pour les profils ayant complété un doctorat en écologie
  • Postes internationaux : UICN, PNUE, CEPF, Conservation International — pour les profils anglophones avec une expérience de terrain significative

FAQ

Quelle est la différence entre chargé de mission biodiversité et écologue ?

Le chargé de mission biodiversité pilote des projets et des politiques de conservation à l'échelle d'un territoire. Son rôle est opérationnel et managérial. L'écologue (ou ingénieur écologue en bureau d'études) réalise principalement des inventaires de terrain, des études d'impact et des diagnostics écologiques. En pratique, les deux métiers se recoupent souvent, et un même professionnel peut exercer les deux fonctions au cours de sa carrière.

Peut-on exercer ce métier avec un Bac+3 ?

C'est possible mais difficile. La majorité des offres exigent un Bac+5. Un titulaire de licence pro (écologie, GPN) ou de BTS GPN peut accéder au poste après plusieurs années d'expérience comme technicien de l'environnement, complétées par une VAE ou une formation continue. Le concours d'ingénieur territorial (catégorie A) est également une voie d'accès dans la fonction publique.

Le métier est-il précaire ?

La précarité est un enjeu réel du secteur. Beaucoup de postes sont des CDD de mission (12 à 36 mois) financés par des subventions européennes ou nationales. La stabilisation en CDI ou la titularisation dans la fonction publique intervient généralement après trois à cinq ans d'expérience et une succession de contrats. Le secteur privé (bureaux d'études) offre davantage de CDI mais avec un rythme de travail plus intense.

Quels sont les concours de la fonction publique accessibles ?

Les principaux concours sont : ingénieur territorial (catégorie A, FPT), ingénieur de l'agriculture et de l'environnement (catégorie A, ministère de la Transition écologique), technicien supérieur principal du développement durable (catégorie B). L'OFB recrute également par concours propres (inspecteur de l'environnement) et par voie contractuelle (CDD de droit public).

Quelles sont les perspectives salariales à 10 ans ?

Un chargé de mission biodiversité qui évolue vers un poste de chef de service ou de directeur adjoint peut prétendre à une rémunération de 45 000 à 60 000 € brut annuel dans le secteur public (avec primes), et de 50 000 à 70 000 € dans le secteur privé (direction de bureau d'études, consulting senior). La double compétence biodiversité-RSE, portée par la CSRD, ouvre les portes des rémunérations les plus élevées du secteur.

Sources

Conclusion

Le métier de chargé de mission biodiversité se trouve à un carrefour. Porté par des programmes ambitieux (LIFE Biodiv'France, règlement restauration de la nature, Cadre de Kunming-Montréal) et par l'irruption de la biodiversité dans le reporting des entreprises via la CSRD, il offre des perspectives d'emploi solides pour les diplômés Bac+5 en écologie et gestion de la biodiversité.

Les défis restent cependant réels : précarité des statuts, salaires modestes comparés à d'autres métiers environnementaux, et raréfaction de certaines compétences naturalistes dans les cursus universitaires. Les profils capables de combiner rigueur scientifique, maîtrise des outils SIG, aptitudes relationnelles et compréhension du cadre réglementaire seront les mieux positionnés sur un marché de l'emploi en pleine structuration.

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